Venise : les secrets d’un Carnaval

Devenu un évènement international et une manifestation incontournable de la ville, le Carnaval de Venise est une fantaisie où tout est permis. Les rôles s’inversent, les identités se voilent, l’esquive est érigée en art de vivre et les masques ne tombent jamais. Retour sur plusieurs jours de liesse et de libération pour les Vénitiens. Entre costumes exubérants et masques déconcertants, la rédaction vous dévoile les secrets de cette célébration qui compte parmi les plus chics du monde. En gondole, s’il vous plait !

Chaque année, l’étonnante Venise se pare de ses plus belles couleurs pour accueillir les voyageurs…

Une histoire millénaire

Le Carnaval de Venise n’a été réintroduit officiellement qu’en 1980 mais s’appuie pourtant sur une existence millénaire… Autorisé pour la toute première fois en 1094 par le Doge Vitale Falier pour profiter des jours précédant le jeûne et l’abstinence du Carême, il a connu une période d’interruption de plus de 150 ans due à son interdiction par Napoléon Bonaparte en 1797.  A sa création, le Carnaval débute discrètement avec de petites fêtes locales et des pièces de théâtre jouées sur les places. Rapidement, il devient un symbole de transgression et d’inversion de l’ordre social : le but de la fête était de faire tomber les barrières sociales en permettant à chacun de se transformer en la personne qu’il désirait. Cachés derrière des masques, les vénitiens pouvaient ainsi dire et faire ce que bon leur semblait sans craindre aucune forme de représailles… Depuis une quarantaine d’années, le Carnaval de Venise a reconquis sa place de star, à égalité avec le fameux carnaval de Rio de Janeiro et fait partie des grands rendez-vous de la ville. Resplendissante à toutes les saisons, c’est en févier que la Sérénissime trouve tout son éclat.

Le temps de quelques semaines, la place Saint-Marc devient le théâtre de costumes tous plus différents les uns que les autres.

Bas les masques

Impossible d’évoquer le Carnaval de Venise sans parler des fameux masques, stars de la fête. Ces bijoux de minutie se sont énormément diversifiés après la naissance de la Commedia dell’Arte au XVIème siècle, empruntant ainsi les traits de ses différents personnages.

La Bauta : ce costume vénitien traditionnel est porté autant par les hommes que par les femmes. Il est constitué d’un masque blanc, d’une longue cape noire et d’un chapeau de forme triangulaire. Très utilisé, il garantissait un parfait anonymat…

Pantalon : vieux marchand vénitien, Pantalone fait partie des vieillards de la Commedia dell’Arte. Avare et crédule, il tente en vain de séduire les jeunes femmes et n’a qu’un seul ami fidèle : le Docteur. Il porte une robe noire, un gilet rouge, un chapeau et un masque au nez pointu.

Arlequin : Avec ses losanges multicolores, Arlequin est un costume facilement reconnaissable. C’est un personnage type de la Commedia dell’Arte. Mauvais serviteur, pas très intelligent, mais toujours de bonne humeur, il est aussi par esseux, gourmand et coureur de jupons…

Passionnés ou touristes : tous se prêtent au jeu du Carnaval…

Le Docteur : ce personnage arbore l’habit des médecins vénitiens de l’époque. Son long nez pouvait contenir des herbes ou une éponge imprégnée de vinaigre pour éloigner ou tenter d’éloigner la puanteur causée par la peste qui sévissait en Italie.

Pierrot : jeune valet rêveur et poétique, Pierrot arbore un visage blanc et un costume large. Rival d’Arlequin, ce personnage rusé, insolant et à la fois attachant, est lui aussi issu de la Commedia dell’Arte.

Polichinelle : Polichinelle est grossier, bagarreur, gourmand et surtout fourbe. Il change en permanence de caractère et a toujours une arme sur lui, prêt à tuer pour de l’argent. Il est habillé tout en blanc ce qui lui donne une allure légère et dansante… Il porte un chapeau et son masque est doté d’un nez crochu comme celui des rapaces. On le remarque avec son gros ventre et sa bosse dans le dos…

Durant le Carnaval, vous croiserez des Arlequins partout dans la ville…

Venise secrète

Au delà de la Place Saint-Marc et du Pont du Rialto, la ville de Venise recèle d’adresses secrètes souvent oubliées par les touristes. La rédaction vous livre ses bons plans pour visiter Venise comme un Vénitien !

Où boire un verre ? Cantina do Mori :  ce bar à vins situé à côté du marché de poissons du Rialto est la cantine des Vénitiens. A peine la porte franchie, le ton est donné : une salle sombre, tout en longueur, où l’on parle fort pour se faire entendre. On y sirote un verre de vin ou un Spritz sur le pouce en dégustant des douceurs vénitiennes : de petits sandwiches aux légumes grillés, des roulades d’anchois aux olives ou des bouchées de riso e bisi : du riz au bacon frit et petits pois, oignons, persil haché et fromage.

Où manger ? Harry’s Bar : un restaurant historique de Venise fondé en 1931 par Giuseppe Cipriani.  Véritable institution, ce lieu magique aux airs de brasserie, a contribué à la gastronomie mondiale avec la création du cocktail Bellini, un mélange de pêches fraîchement pressées et de vin italien pétillant, et le carpaccio, créé en 1950 par le fondateur l’établissement. À l’origine de ce plat, la diète sévère d’une comtesse italienne, qui lui interdisait la viande cuite et une exposition consacrée au peintre Vittore Carpaccio dans ces années-là à Venise…

Le meilleur moyen de profiter de la fête ? Se perdre dans les petites ruelles de la ville…

Que visiter ? La Punta della Dogana : cet édifice grandiose, oeuvre de l’architecte Giuseppe Benoni, se distingue par sa tour surmontée d’un groupe de sculptures représentant deux Atlas soutenant une sphère en bronze doré, au sommet de laquelle tourne la Fortune, qui indique la direction du vent. A l’origine utilisée comme siège des douanes de mer de la ville, elle abrite aujourd’hui le centre d’art contemporain de la fondation Fondation François Pinault. vous pourrez y admirer des collections temporaires d’oeuvres réalisées par des artistes émergents.

Où se balader ? Cannaregio : probablement le quartier le plus authentique de la ville, le Cannaregio résiste encore au tourisme de masse et a su conserver son âme populaire avec ses ruelles étroites où l’on déniche d’humbles boutiques d’artisans et des bars de quartier fréquentés par des habitués. Empruntez des rues au hasard : le meilleur moyen de visiter la Sérenissime, c’est encore de s’y perdre…

La basilique Saint-Marc resplendit durant les célébrations du mois de février.

Cliquez ici pour rejoindre Evasions Secrètes et économisez jusqu’à 70% sur des hôtels de luxe à Venise.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.